Ni purée ni haricots verts : la recette du gratin dauphinois pour accompagner les volailles du repas de Noël

Ni purée ni haricots verts : la recette du gratin dauphinois pour accompagner les volailles du repas de Noël

Les fêtes de fin d’année approchent et avec elles, l’éternel casse-tête de l’accompagnement. Que servir avec la majestueuse dinde ou le chapon doré qui trônera au centre de la table ? Oubliez la sempiternelle purée ou les haricots verts sans âme. Cette année, le classicisme a du bon. Nous vous invitons à redécouvrir un monument de la gastronomie française, un plat qui évoque à lui seul la chaleur, le réconfort et l’élégance : le gratin dauphinois. Loin d’être un simple gratin de pommes de terre, sa préparation est un art qui, une fois maîtrisé, transformera votre repas de fête. Crémeux, fondant, parfumé à l’ail et à la noix de muscade, il se suffit à lui-même mais sait aussi sublimer les volailles les plus délicates. Suivez notre guide pas à pas pour réaliser un gratin dauphinois inratable, celui dont vos convives parleront encore l’année prochaine.

25 minutes

60 minutes

facile

Ingrédients

personnes +

Ustensiles

Préparation

1. La préparation des pommes de terre, le secret de la tenue

Commencez par préchauffer votre four à 160°C (thermostat 5-6). Épluchez vos pommes de terre. La clé d’un gratin réussi réside dans la finesse et la régularité des tranches. Pour cela, l’usage d’une mandoline est presque indispensable. Réglez-la pour obtenir des rondelles d’environ 2 à 3 millimètres d’épaisseur. Si vous n’en possédez pas, armez-vous de votre meilleur couteau et de patience. Le point le plus crucial est le suivant : ne rincez surtout pas les pommes de terre après les avoir coupées. L’amidon qu’elles contiennent est l’ingrédient secret qui va lier la crème et le lait pour créer cette sauce onctueuse si caractéristique du véritable gratin dauphinois. C’est un liant naturel et gratuit.

2. L’infusion aromatique, le cœur du goût

Épluchez vos deux gousses d’ail. Coupez-en une en deux et frottez-en énergiquement tout l’intérieur de votre plat à gratin. Ce geste simple va parfumer subtilement l’ensemble du plat. Beurrez ensuite généreusement le plat. Dans une grande casserole, versez le lait et la crème liquide. Ajoutez la seconde gousse d’ail, juste écrasée avec la paume de la main, une belle râpée de noix de muscade, du sel et du poivre du moulin. Portez le mélange à frémissement sur feu doux. Laissez infuser quelques minutes. Infuser signifie laisser tremper un ingrédient dans un liquide chaud pour qu’il libère ses arômes. Ce bain parfumé est ce qui va donner toute sa profondeur de goût à votre gratin.

3. La pré-cuisson et le montage, un jeu de patience

Plongez délicatement vos rondelles de pommes de terre dans la casserole de lait et de crème chauds. Assurez-vous qu’elles soient bien immergées. Laissez cuire à feu très doux pendant environ 10 à 15 minutes, en remuant de temps en temps avec une spatule pour éviter que les pommes de terre n’attachent au fond. Cette étape de pré-cuisson garantit que chaque tranche sera imprégnée de saveur et que la cuisson au four sera parfaitement homogène. Une fois ce temps écoulé, retirez la gousse d’ail écrasée puis, à l’aide d’une écumoire, transférez les tranches de pommes de terre dans votre plat à gratin. Essayez de les ranger de manière harmonieuse, en les faisant se chevaucher légèrement, comme les tuiles d’un toit.

4. La cuisson lente, la magie opère

Versez le reste du liquide crémeux de la casserole sur les pommes de terre. Le liquide doit arriver juste à hauteur de la dernière couche de pommes de terre, sans les noyer complètement. Parsemez la surface de quelques petites noisettes de beurre. Enfournez pour environ 1 heure. La cuisson doit être douce et lente. Le gratin va doucement confire, les pommes de terre vont devenir fondantes et le dessus va se parer d’une magnifique croûte dorée et croustillante. Pour vérifier la cuisson, plantez la lame d’un couteau au cœur du gratin : elle doit s’enfoncer sans aucune résistance. Si le dessus dore trop vite, couvrez-le simplement d’une feuille de papier aluminium pour le reste de la cuisson.

Louise Lebouillon

Mon astuce de chef

Le secret d’un service parfait est la patience. Une fois sorti du four, laissez impérativement votre gratin dauphinois reposer pendant 10 à 15 minutes avant de le servir. Ce temps de repos permet à l’amidon de finir son travail. Le gratin va se ‘tenir’, il sera moins liquide et beaucoup plus facile à découper en belles parts nettes qui ne s’effondreront pas dans l’assiette. Les saveurs auront également le temps de s’harmoniser. C’est le petit détail qui sépare un bon gratin d’un gratin exceptionnel.

L’accord mets et vins pour sublimer votre volaille

Le gratin dauphinois, par son onctuosité et sa richesse, appelle des vins qui sauront équilibrer le plat sans l’écraser. Pour accompagner votre volaille de Noël, deux options s’offrent à vous.

En blanc : Misez sur un vin de Bourgogne, comme un Saint-Véran ou un Mâcon-Villages. Leur rondeur et leurs notes beurrées feront écho à la crème du gratin, tandis que leur belle acidité apportera de la fraîcheur en bouche.

En rouge : Choisissez un vin léger et fruité. Un Fleurie du Beaujolais ou un Saumur-Champigny de la vallée de la Loire, avec leurs tanins souples et leurs arômes de fruits rouges, apporteront une touche de vivacité qui contrastera agréablement avec le fondant du plat.

L’info en plus

Le gratin dauphinois est un plat emblématique de la cuisine du Dauphiné, une ancienne province du sud-est de la France. Sa première mention officielle remonte à 1788, lors d’un dîner offert aux officiers municipaux de la ville de Gap. La recette authentique, transmise de génération en génération, est d’une simplicité désarmante et fait l’objet de débats passionnés. Les puristes vous le diront : le vrai gratin dauphinois ne contient ni fromage, ni œufs, ni béchamel. Sa texture crémeuse unique provient exclusivement du mariage de la crème, du lait et de l’amidon des pommes de terre libéré lors d’une cuisson lente et douce. Ajouter du fromage le transformerait en ‘gratin savoyard’. C’est donc un plat humble par ses ingrédients mais royal par son goût.

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